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Les sources de la croissance économique

9 Mar

Un cours particulièrement clair du professeur Caccomo au sujet des sources de la croissance économique et du rôle de l’entrepreneur :

 

Ces richesses qui échappaient au PIB !

28 Avr

Quitte à utiliser un agrégat des richesses produites autant en trouver un qui nous permette de mesurer vraiment la richesse créée sur le territoire d’un pays, afin qu’il puisse nous renseigner sur l’évolution du niveau de vie et que nous puissions effectuer des comparaison de richesse entre pays par l’utilisation du ratio PIB par habitant.

Malheureusement le PIB a quelques faiblesses dues à ce qu’il ne recense pas à tort ou à raison et à ce qu’il recense abusivement ou non.

En réalité le problème du PIB c’est qu’il est un indicateur dont l’évaluation est issue d’informations statistiques déclarés er enregistrés par la comptabilité nationale, mais également traités par les services fiscaux. Or les créateurs de richesses font quelquefois des cachoteries au fisc.

I. Jusqu’à présent, on ne comptabilisait pas :

A. La production informelle

1. Les aspects de la production informelle

Le bouilleur de cru clandestin fabrique de l'alcool sans le déclarer au fisc. Il est à la fois dans la production domestique et dans l'économie informelle

Le bouilleur de cru clandestin fabrique de l’alcool sans le déclarer au fisc. Il est à la fois dans la production domestique et dans l’économie informelle

La production informelle c’est le dépanneur de télévision qui fournit son service de réparation et se fait payer en liquide ; le restaurateur qui minimise le nombre de repas servis ; une amie qui fabrique des bijoux artisanaux et les vend par le bouche à oreille sans avertir les services fiscaux de ce que lui rapporte son commerce, toutes ces activités sont  clandestines et non déclarées.

Mais la production informelles ce sont aussi des activités illégales par nature, comme l’ami d’un ami qui copie des logiciels et en écoule des versions pirates ; le dealer qui vend de la drogue ; le fabriquant de produits textiles qui propose des griffes en contrefaçon.

À noter que les activités clandestines et activités illégales sont pénalement répréhensibles et que les activités illégales sont, par définition, toujours clandestines. Eh oui, imaginez un peu ce qui va arriver aux fabricants de faux sacs Vitton qui s’empresse de déclarer aux impôts qu’il a un chiffre d’affaires de 100 000 euros de sacs en contrefaçon.

Pourtant, indépendamment du jugement moral que l’on peut porter sur les activités informelles, celles-ci correspondent à des besoins donc possèdent une valeur aux yeux de ceux qui les consomment. À ce titre elles font partie des richesses produites même s’ils ne sont pas recensables.

Ainsi un impôt 0 pour celle qui fabrique des bijoux à domicile aboutirait au recensement de son activité et à une hausse du PIB, on remarque d’ailleurs que les mesures favorisant le statut d’auto-entrepreneur favorise la déclaration de richesses créées, mais que les allègements fiscaux disparaissent et c’est la production informelle qui augmente.

2. Effets de la production informelle sur le PIB

La production informelle issue des activités non déclarées et illégales, on parle aussi d’économie souterraine, n’apparaît pas dans la création de richesse du pays. Cela conduit à sous-estimer la production de certains pays ou de certaines régions comme par exemple celle du sud de l’Italie ou encore la Grèce, considérant les oublis de déclaration de richesses qui ont battu des records dans ce pays.

En fait la déclaration d’une partie de la production réalisée a tout simplement été omise afin de limiter les impôts et taxes à payer et cela se vérifie dans les faits. Ainsi le PIB de la Russie a remonté avec l’instauration d’une taxation plus simple et moins écrasante, ce n’est pas dû au fait que la production ait explosé du jour au lendemain, mais au fait que la production non déclarée ait baissé.

B. La production domestique

Comme nous l’avons vu, le prix de marché sert à estimer la valeur de la production. De même qu’il est difficile d’estimer la valeur de la production non-marchande, il ne sera pas facile non plus d’estimer la valeur de la production produite et consommée par le producteur que l’on appelle aussi production domestique. Bien que cette production soit la plupart du temps le fait des ménages, donc de personnes privées à la différence d’une production non-marchande, elle ne sera pas non plus cédée sur un marché.

Il en va ainsi des carottes cultivées dans le jardin pour être mangées par le cultivateur du dimanche et sa famille, sa production comptera pour rien dans le PIB alors que s’il avait acheté ses carottes au marché, la valeur ajoutée du  maraîcher qui les lui aurait vendu serait tombée dans les chiffres de la production intérieure.

Anormal peut-être, puisque l’autoconsommation de carottes n’enlève rien au fait que ces carottes aient été produites.

Mais l’exemple le plus amusant des effets de la production privée non vendue sur le PIB concerne le mariage d’un particulier avec sa domestique. Avant le mariage, la domestique dûment déclarée aux services sociaux et fiscaux, participe à l’accroissement du PIB par sa prestation de service marchand, après le mariage c’en est fini car les tâches ménagères ne feront plus l’objet de prestations marchandes. Évidemment il est aussi toujours possible que l’ex-domestique force son nouveau mari à faire la vaisselle, mais cela ne nous regarde pas.

Cependant ces cas de production privée non rémunérée sont marginaux dans les pays développés et leur recensement pose problème à moins d’obliger chacun à déclarer ce qu’il cultive ou de vérifier si l’ancienne bonne fait toujours le ménage.

Pour les pays en développement par contre la production domestique est importante. La production de l’agriculture vivrière n’est pas recensée alors qu’elle assure le moyen de subsistance d’une partie encore importante de la population.

C. Le bénévolat

La production non rémunérée ne peut être recensée dans le PIB. Le travail bénévole, qui, hors association, est souvent suspecté d’être du travail au noir, ne compte donc pas pourtant il génère bien une valeur mais elle est difficile à estimer.

II. Mais maintenant on compte aussi :

Le problème étant que les statistique doivent être harmonisées au seins de l’Union Européenne. Or en Europe ce qui est illégal dans un pays ne l’est pas forcément dans l’autre.

A. La production informelle

Pour l’institut statistique européen Eurostat, il convient donc de comptabiliser dans chaque pays de l’Union européenne les activités de prostitution et le commerce de la drogue dans le calcul du PIB. Eurostat impose en effet que toutes les transactions commerciales librement consenties, légales ou non, soient comptabilisées dans le PIB.

Ainsi le PIB de l’Espagne a, d’un coup de baguette statistique, augmenté de 9 % pour l’année 2010 avec la prise en compte de ces activités.

L’INSEE pour la France a refusé d’appliquer cette nouvelle comptabilisation en considérant que de telles activtés ne sont pas librement consenties, reconnaissant que certes la prostitution est partiellement comptabilisée car les prostituées sont censées déclarer leur revenu, mais qu’il n’est pas question d’intégrer le proxénétisme ou le trafic de drogue.

B. La production domestique

jardinIl était convenu que toute production aux fins de satisfaire ses propres besoins sans passer par le marché ne pouvait figurer dans le PIB faute de pouvoir estimer un montant facturé : on ne peut se facturer à soi-même.

Cependant les statisticiens de l’INSEE pratiquent des exceptions puisqu’ils comptabilisent tout de même une production non vendue et autoconsommée : celle des jardins ouvriers.

Dans la même logique mais avec un raisonnement un peu tordu l’INSEE nous considère tous comme des locataires réels ou fictifs. Il est évidemment normal  que les services d’hébergement soient comptabilisés, ainsi un propriétaire louant son appartement est un prestataire de service marchand. Mais le fait pour un propriétaire d’habiter son propre logement correspond à une prestation de service qu’il se fait à lui-même, le PIB enregistrera donc pour chaque propriétaire résidant chez lui un loyer fictif correspondant à ce qu’il aurait perçu en tant que bailleur. Tu aurais loué l’appartementque tu occupes 600 euros par mois si tu étais locataire, mais tu es propriétaire  ? Alors on va rajouter la somme au PIB !

On peut conclure de tout cela que le PIB n’est pas le meilleur des indicateurs pour  exprimer le bien-être dans une société, tout cela parce qu’il a subi de multiples transformation de son mode de calcul.

Il pourrait d’ailleurs en subir bien d’autres, puisque certains  veulent exclure du PIB la valeur ajoutée généré par des produits polluants. C’est là un argument souvent développé par les partisans de la croissance 0 et du développement durable, nous aurons l’occasion d’en reparler dans le chapitre consacré aux relations entre l’économie et l’environnement.

Mais nous ne pouvons que constater que la réponse aux défis écologiques passe par le développement économique et le progrès technologique. Ainsi si la croissance du PIB s’accompagne de pollutions, elle créé également un marché pour la dépollution qui à son tour vient alimenter le PIB.

Ce qui pourrait le mieux traduite les richesses créées c’est la valeur ajoutée marchande. Ceci précisé le PIB reste tout de même le « moins pire » des indicateurs.

Le PIB, un indicateur critiqué

24 Jan

 

Gregory Mankiw

Gregory Mankiw

Le PIB mesure à la fois le revenu total de l’économie et la dépense totale en biens et services. Le PIB par tête nous indique donc le revenu et la dépense du Français moyen. Chacun préférant gagner plus et dépenser plus, le PIB par habitant semble donc être une mesure naturelle du bien-être économique individuel de l’individu moyen.

Néanmoins, tout le monde n’est pas d’accord sur ce point. En 1968, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle, le sénateur américain Robert Kennedy s’exprimait ainsi :

« [Le PIB] ne reflète pas la santé de nos enfants, la qualité de leur éducation ou le plaisir de leurs jeux. Il n’inclut pas la beauté de notre poésie, la force de nos mariages, l’intelligence du débat public ou la probité de nos fonctionnaires. Il ne mesure pas notre courage, ni notre sagesse, ni notre dévotion à notre pays. En fait, il mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut d’être vécue, et nous dit tout sur l’Amérique, sauf pourquoi nous sommes fiers d’être Américains.» 

Robert Kennedy a raison. Pourquoi attache-t-on alors autant d’importance au PIB ?

Parce qu’un PIB important nous permet de vivre mieux. Certes, le PIB ne mesure pas la santé de nos enfants, mais les pays à PIB élevé ont les moyens d’assurer des prestations médicales de qualité pour les enfants. Le PIB ne mesure pas la qualité de l’éducation dispensée aux jeunes, mais les pays à PIB élevé sont dotés de systèmes éducatifs de meilleure qualité. Le PIB ne mesure pas la beauté de la poésie, mais les pays à PIB élevé peuvent se permettre d’apprendre à lire à davantage de gens et leur offre donc la possibilité d’apprécier la poésie. En résumé, le PIB ne mesure pas directement ces choses qui font que la vie vaut d’être vécue, mais il mesure notre capacité à produire ce qui rend la vie agréable.

Le PIB n’est donc certainement pas une mesure parfaite du bien-être. Des choses essentielles ne sont pas prises en compte dans le PIB. Les loisirs, par exemple. Si tout le monde travaillait sept jours par semaine, au lieu de cinq aujourd’hui, la production de biens et de services serait nettement supérieure, et le PIB bien plus élevé. Mais la perte du week-end et de ses possibilités de loisirs ne serait certainement pas une bonne chose en termes de qualité de vie.

Autre exemple d’élément qui n’entre pas dans le calcul du PIB, la qualité de l’environnement. Si le gouvernement éliminait toute la réglementation antipollution, les entreprises entreprises pourraient produire davantage sans se préoccuper de la pollution qu’elles génèrent. Le PIB augmenterait donc, mais le bien-être social pourrait bien décliner.

Et comme le PIB valorise les biens et services à l’aide des prix de marché, il exclut par construction toutes les activités qui s’exercent en dehors des marchés. L’éducation des enfants par exemple contribue de toute évidence au bien-être social, mais n’est pourtant pas reflétée par le PIB. Si les parents décidaient de travailler moins afin de consacrer davantage de temps à leurs enfants, la production de biens et services diminuerait et le PIB déclinerait, une diminution qui ne signifierait pas nécessairement une détérioration des conditions de vie.

Par conséquent, on pourra conclure que le PIB est un indicateur correct du bien-être social, dans la plupart des cas, même s’il est important de se souvenir de ce qu’il prend en compte et de ce qu’il ignore.

Gregory MANKIW, Principes de l’économie, Economica, 1998

On peut aussi reprendre une démonstration habituellement utilisée pour critiquer la notion du PIB :

Supposons que votre professeur d’économie, après un repas un peu trop arrosé, prenne son véhicule pour se rendre au lycée. Sous l’effet de l’ivresse il percute un pilône électrique et perd connaissance.

Un tel évènement est certes regrettable, il aurait mieux valu qu’il n’advienne pas, mais il va contribuer à augmenter le PIB.

Ainsi suite à l’accident un véhicule du SMUR viendra transporter le professeur blessé dans un service hospitalier. Les policiers pourront demander un alcootest sanguin qui révèlera l’état du conducteur et conduira à un retrait de permis. Le véhicule hors d’usage sera pris en charge par un casseur et le pilône électrique sera remis en état par les services du conseil général. Transféré dans une clinique pour une rééducation de la hanche, le professeur fera intervenir sa mutuelle et enfin il devra repasser son permis de conduire et se racheter un nouveau véhicule.

Cette triste affaire a permis d’augmenter le PIB en créant de nouvelles valeurs ajoutées d’abord pour les services hospitaliers et la clinique, pour le casseur, pour le fabricant d’appareils d’éclairage urbain, pour l’auto-école et le concessionnaire automobile.

Maintenant imaginons que le même accident ait eu lieu dans un pays très pauvre comme la Mauritanie, le conducteur a fait une sortie de route et son véhicule s’est retourné. L’absence de véritables services de secours a fait qu’il a été pris en charge par des particuliers, malheureusement il est décédé avant d’atteindre le premier hôpital, fin de l’histoire. L’accident n’a pas permis d’augmenter le PIB car la victime est morte.

Que peut-on conclure de cette démonstration ?

Mesurer la production

22 Jan

I. Le choix de l’unité de mesure

  • A. L’unité monétaire
Les pièces seraient plus belles s'il n'y avait pas les symbole de l'Etat dessus.

Les pièces seraient plus belles s’il n’y avait pas les symbole de l’Etat dessus.

Les richesses produites dans une société sont de natures diverses, il s’agit de bijoux précieux, de téléviseurs, de conseils en marketing,  de concerts rock payants, de fruits et de légumes, etc …

Comment additionner ces richesses si dissemblables, autrement dit comment comptabiliser l’ensemble des richesses produites, comment bâtir cet agrégat qui mesurerait de façon certaine la production des richesses dans un pays lors d’une année civile ?

On ne peut pas additionner des téléviseurs et des tomates mais, en se creusant un peu les méninges on peut trouver un point commun à toutes ces marchandises : elles sont vendues sur un marché donc possèdent tous un prix de vente qui dépendra de leur offre et de leur demande. Ce prix de vente est défini dans l’unité monétaire du pays.

  • B. Mais les unités monétaires peuvent perdre de leur valeur

On évaluera donc la production en valeur, c’est-à-dire en fonction des prix du marché dans la monnaie du pays. Que ce soit en dollars, en euros ou en yens il est facile d’additionner la valeur de la production vendue.

Mais si une monnaie n’est pas stable, qu’elle perd de sa valeur par exemple, cette monnaie ne sera plus un bon outil de mesure de la production.

Par exemple si la valeur de la production double, mais qu’en même temps ce sont les prix qui ont doublé alors Est-ce que l’on a vraiment produit davantage ? La réponse est évidemment non.

Dans ce cas comment mesurer l’évolution des richesses produites dans le temps ?

La réponse est ici :  Mesurer en valeur et en volume 

II. Production marchande et non marchande

  • A. Évaluer la production marchande

La production de biens et services marchands se mesure facilement puisqu’elle est vendue sur le marché, elle pourra donc logiquement être évaluée par son prix de vente qui révèle la valeur accordée à cette production.

  • B. Évaluer la production non marchande

Par contre la production non marchande ne peut se mesurer de la même façon. En effet elle consiste en des services non-marchands financés principalement par les prélèvements obligatoires et fournis « gratuitement » (en réalité payés aux prix fort par les contribuables) ou à moins de 50 % de leur coût de revient aux usagers.

La production non-marchande ne peut donc être évaluée sur un marché.

spockFace à cette difficulté qui empêche de déterminer la valeur de la production non marchande, les statisticiens ont donc décidé de comptabiliser cette production en fixant sa valeur à hauteur de la somme des coûts de production supportés par les administrations pour les produire.

La valeur finale de la production non marchande est donc estimée à son coût total de production, lequel recouvre notamment les consommations intermédiaires, la rémunération du personnel, la consommation de capital fixe et les impôts liés à la production.

Donc plus les fonctionnaires coûtent chers aux contribuables, plus la valeur estimée de leur production grandit, c’est plutôt bizarre non ?

III. Calculer le PIB

  • A. Le PIB additionne des valeurs 

L’agrégat que la comptabilité nationale a choisi pour déterminer la valeur de l’ensemble des biens et services produits par un pays sur une période donnée est le Produit Intérieur Brut.

La valeur de la production retenue est celle de la production vendue (biens et services marchands) ou fournie en partie ou intégralement aux frais du contribuable (services non-marchands), ainsi les statisticiens de l’INSEE calculent le PIB en effectuant l’addition de la production marchande et la production non-marchande.

  • B. Comment additionner des valeurs correctement ?

Mais attention, en additionnant toutes les productions on peut compter un même produit plusieurs fois puisque certains biens et services sont achetés par des producteurs pour être incorporés dans les produits qu’ils fabriquent. C’est pour cela que l’on ne comptabilise que les biens et services finaux.

Ainsi dans un pays où l’on produit pour 10 millions d’euros de pneus, 25 millions d’équipements automobiles, où l’on construit et vend pour 68 millions d’euros d’automobiles, peut-on dire que le PIB est de 10 millions + 25 millions +  68 millions ?

Pour répondre à cette question il faut se demander si les pneus et les équipements sont vendus à des consommateurs finaux ou aux fabricants d’automobiles qui les utilisent comme consommations intermédiaires pour les transformer en des produits finis.

En supposant que l’intégralité des pneus et équipements sont achetés pour se transformer en automobiles alors on  ne peut additionner ces productions, eh oui pov’ pomme,  si l’on compte par exemple la production de pneus et d’automobiles on comptera deux fois les pneus puisque évidemment chaque automobile vendue comprendra aussi ses roues.

En conséquence le PIB de ce pays spécialisé dans les automobiles ne consistera qu’en la production du seul produit final, il sera donc de 68 millions d’euros.

  • C. La valeur ajoutée, y a que cela de vrai !

Bien sûr en réalité certains pneus et équipements seront vendus au détail et ceux-ci devront s’ajouter à la production finale. Donc pour calculer le PIB il faudra déterminer la valeur ajoutée du producteur  c’est-à-dire déduire de la valeur de sa production au prix du marché, toutes les consommations intermédiaires. Ainsi  la valeur ajoutée représente la contribution productive propre d’une entreprise.

Valeur ajoutée = Valeur des biens et des service produits – Valeur des consommations intermédiaires

Notons que les consommations intermédiaires comprennent les matières premières, l’énergie, les produits semi-finis, les services marchands mais pas le capital fixe.

Pour aller plus loin 

On se rend compte qu’il est difficile de calculer la valeur ajoutée pour le secteur non-marchand, les statisticiens de l’INSEE conviennent donc que leur  valeur ajoutée sera égale à  : rémunérations des salariés + consommation de capital fixe (amortissements) + impôts liés à la production.

On distingue la valeur ajoutée au prix du marché comprenant les taxes, les impôts indirects (TVA …), éléments qui ne sont pas une contribution de l’entreprise à la satisfaction du consommateur, et la valeur ajoutée au coût des facteurs, qui élimine les impôts (valeur ajoutée hors taxe).

VA au coût des facteurs = VA au prix du marché – taxes et impôts

Une partie de la valeur créée est destinée à remplacer du matériel usé (amortissement ou investissement de remplacement), elle constitue une consommation de capital fixe (les machines, équipements, bâtiments sont appelés capital fixe), c’est pourquoi on parle de valeur ajoutée brute. Pour passer à la valeur ajoutée nette il suffit de déduire la consommation de capital fixe.

Le PIB est donc défini comme la somme des valeurs ajoutées hors taxe réalisées par les unités institutionnelles résidant en France à laquelle on ajoute la TVA grevant les produits et les droits de douane. Ce produit intérieur brut valait en 2014 en France : 2060 milliards d’euros.

    D. PIB, PNB, PIN

Une fois la production déterminée, un nouveau choix est à réaliser pour présenter la production réalisée.

Le Produit Intérieur Brut ne mesure que la valeur de la production réalisée en France sur le territoire métropolitain. Cela signifie que quelle que soit la nationalité de l’entreprise qui produit en France elle contribuera à former le PIB, par contre une entreprise française implantée en Italie ou aux États-Unis ne verra pas sa production apparaître dans le PIB français.

Si l’on choisit d’utiliser à la place du PIB le PNB (Produit National Brut), il en ira tout autrement. En effet le PNB prend pour critère l’appartenance nationale ; on estimera ce qui est produit par les entreprises françaises sur le territoire national mais aussi à l’étranger. Par contre, l’activité de entreprises étrangères sur le sol national ne sera pas prise en compte.

Pour perfectionner l’agrégat de mesure des richesses créées en une année, on peut vouloir aussi tenir compte de  la dépréciation des machines et des bâtiments au cours de la production. L’usure du capital fixe, son amortissement, pourra donc être déduite du PIB pour obtenir le Produit Intérieur Net.

PIN = PIB – Consommation de capital fixe