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Les termes de l’échange

7 Juin
Riziculture en Chine

Riziculture en Chine

La fameuse théorie dite des « termes de l’échange » a agité les économistes du développement tout au long des décennies 1950 et 1960. Cette analyse qui, en fait, a commencé à émerger dans la littérature économique dès les XVIIIe et XIXe siècle, se rattache à la question générale (tout à fait pertinente, en soi) des raisons et des mécanismes par lesquels les partenaires commerciaux peuvent mutuellement avoir avantage à l’échange international. Or, à partir du dernier après-guerre puis, principalement, tout au long des années 1950, divers économistes ont cru pouvoir établir que la nature et la structure des échanges économiques liant pays riches et pays pauvres ne pouvaient que les rendre défavorables pour ces derniers.

Le principe général (nous évitons volontairement tout exposé trop technique) consiste à vouloir établir que les pays en développement, principalement exportateurs de produits de base et importateurs de produits manufacturés (ce qui était encore largement vrai à cette époque, mais l’est nettement moins de nos jours), réaliseraient des progrès de productivité se traduisant surtout par des baisses de prix, alors que les pays industrialisés, exportateurs de biens industriels à forte valeur ajoutée, connaîtraient au contraire des gains de productivité affectés beaucoup plus à l’augmentation des revenus réels de leurs salariés et titulaires de profits qu’aux diminutions des prix. Ainsi les pays pauvres verraient le « pouvoir d’achat » de leurs exportations condamné à un rétrécissement permanent. Or les nombreuses tentatives de vérification empirique de cette thèse se sont en général soldées par un constat d’échec: aucune conclusion définitive ne peut être rendue, car les résultats des mesures effectuées se révèlent à la fois très peu robustes et fort divergents, quand ce n’est totalement contradictoires, en fonction des pays (ou échantillons de pays) comparés, en fonction aussi des périodes retenues, en fonction également du choix des années qui « bornent » ces périodes…

Roland GRANIER, « La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau », Le Québecois Libre, 10/05/2003

1. Définissez la notion de termes de l’échange en commerce international.

2. La dégradation des termes de l’échange est-elle toujours subie ?

3. Quelles peuvent être les conséquences de la détérioration des termes de l’échange sur la balance commerciale ?

4. La détérioration des termes de l’échange des pays dont l’économie est à prépondérance agricole résulte-t-elle d’une volonté d’exploitation des pays riches ? Expliquez.

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Questions-Réponses sur la balance des paiements

1 Mar

Exercices à partir du manuel, la lecture en est donc conseillée.

Exercices à partir du manuel, la lecture en est donc conseillée.

1. Quelle est la contrepartie d’un excèdent de la balance commerciale ?

Parmi les soldes de la balance des paiements courants on trouve la balance commerciale. La balance commerciale comptabilise les importations et les exportations, c’est à dire les achats et les ventes à l’international. Ces achats et ses ventes se concrétisent par des mouvements de capitaux en sens inverse pour équilibrer la balance des paiements. Mais nous avons ici négligé la balance des invisibles qui concerne les échanges de services à l’international et qui, avec la balance commerciale, constitue la balance des transactions courantes. Donc la balance des transactions courantes a pour contrepartie la balance des capitaux.

2. Lorsque vous empruntez de l’argent pour acheter un bien, quel en sera la répercussion sur votre balance commerciale, sur votre balance des capitaux ?

Toute transaction commerciale correspondant à un achat et à une vente.

Ainsi, l’achat d’une marchandise se fait contre de la monnaie, on pourrait aussi dire que l’on vend de la monnaie contre une marchandise.

Supposons maintenant que l’on achète un bien à crédit, alors il s’agira de vendre une reconnaissance de dette contre le bien acheté. Ici cette reconnaissance de dette correspond à un crédit que nous a accordé le vendeur du bien, il s’agit donc d’une entrée de capitaux qui rend notre balance des capitaux excédentaire, cet excédent est compensé par un déficit de notre balance commerciale puisque l’achat de bien correspond à une importation.

3. Quels sont les soldes de la balance des paiements courants ?

On distingue dans le balance des paiements, le poste balance commerciale et le poste mouvement des capitaux ainsi que le poste monétaire.

Il faut tenir compte de la balance des invisibles qui s’additionne à la balance commerciale pour que l’on trouve la balance des transactions courantes appelée ici balance des paiements courants (attention il y a risque de confusion de terme avec la balance des paiements).

4. Pourquoi le protectionnisme ne permet-il pas de rétablir l’équilibre commercial ?

Il ne faut pas oublier que le poste balance des transactions courantes varie en sens inverse du poste des mouvements de capitaux. À partir de l’équilibre emploi-ressource au niveau d’un pays : Y+M = C+I+X,  on trouve le solde de la balance des transactions courantes qui est X – M.

On sait que les revenus sont consommés ou épargnés donc Y = C+S = C+I+X-M donc X-M = S-I. Donc un excédent des transactions courantes implique une épargne supérieure aux investissements.

Un déséquilibre de la balance des transactions courantes implique donc une action sur l’épargne et sur l’investissements or les mesures protectionnistes n’ont pas d’impact sur ces agrégats.

La mesure des échanges extérieurs

26 Fév

I. Les postes détaillés de la balance des paiements

Cliquez sur le tableau pour le visionner en clair :

comptes ci

Principe : il s’agit bien de balances, donc toute opération dans le compte de transactions courantes et dans le compte de capital donne lieu à une opération contraire dans le compte financier, par exemple la vente d’un produit à l’étranger (exportation) revient à un achat de devises étrangères.

Questions

  1. Dans quelle balance pourra-t-on inscrire le versement de dividendes d’Air France à Mr Robertson, résident canadien ?
  2. Dans quelle balance pourra-t-on inscrire le transfert d’une partie des revenus de M. Ben Bourras à sa famille en Tunisie ?
  3. Où pourra-t-on inscrire l’achat d’actions britannique Cordiant par un résident français ?

Réponses

  1. Balance des revenus (sortie), avoirs de réserve (entrée). 
  2. Balance des transferts courants (sortie), avoirs de réserve (entrée).
  3. Balance des investissements de portefeuille (sortie), avoirs de réserve (sortie) – deux fois sortie sachant qu’une sortie de devise s’inscrit en négatif et qu’une entrée s’inscrit en positif.

Pour aller plus loin.

A. La balance commerciale

La balance commerciale recense sous une forme comptable les flux de marchandises intervenus au cours d’une période entre les agents résidents et les non-résidents.

Ces flux sont des exportations (vente à l’étranger de marchandises produites en France) et des importations (achats en France de marchandises produites à l’étranger). Conventionnellement, la valeur des exportations est exprimée FAB (Franco à bord) c’est-à-dire coût départ usine + coût transport au poste-frontière — la valeur des importations est exprimée CAF c’est-à-dire coût de la marchandise + coût transport et assurances depuis la frontière d’origine.

Le solde de cette balance sera excédentaire si la valeur des exportations est supérieure à celle des importations, déficitaire dans le cas contraire.

Le solde de la balance commerciale permet de mesurer la compétitivité d’un pays ; il est souvent présenté comme un indicateur de dynamisme de son économie dans les échanges internationaux. Mais il faut nuancer. En effet un solde excédentaire peut s’expliquer non par une augmentation des exportations, mais par une diminution des importations consécutive à une baisse de la demande intérieure pour cause de ralentissement économique.

B. La balance des invisibles

freightElle enregistre l’ensemble des échanges de biens immatériels (qui ne donnent pas lieu à échange de marchandises), des revenus et des transferts avec l’étranger. En sont parties intégrantes :

  • les services liés au commerce extérieur (transport, assurance, …) ;
  • les services liés aux échanges de technologie (grands travaux, coopérations techniques, brevets, …) ;
  • le tourisme ;
  • le négoce international porte sur des achats de marchandises à l’extérieur revendues à l’extérieur (pas d’entrée de marchandises) ou encore sur des achats par des étrangers de marchandises françaises revendues en France (pas de sortie).

II. Indicateurs du commerce international

 A. Le taux de couverture (exportations/importations x 100)

Il est le résultat du rapport entre la valeur des exportations et la valeur des importations et révèle si les exportations permettent de payer les importations (valeur des exportations/valeur des importations x 100).

Si le taux de couverture est de 100 % alors le commerce extérieur est en équilibre.

B. L’ouverture d’un pays aux échanges internationaux

Les ratios du commerce extérieur permettent d’estimer cette ouverture :

– la part de marché : exportations d’un pays vers un autre pays ou une zone / exportations totales correspondantes

– le taux d’exportation, il mesure la dépendance d’un pays vis-à-vis de ses ventes à l’étranger : exportations/PIB x 100

– le degré d’ouverture d’une économie mesure l’importance des relations extérieures relativement à la taille de l’économie nationale. Le degré d’ouverture est le rapport de la moyenne des valeurs des exportations et des importations nationales au produit intérieur brut national soit : [(exportations + importations) / 2] / PIB. Ce taux est passé de 18,6 % en 1973 à 24,2 % en 1993 et 24,66 % en 1998 en France. Au niveau mondial il passe de 11 % en 1980 à 18 % en 2000.

C. La notion de termes de l’échange

La dévaluation compétitive est un subterfuge utilisé par les gouvernements pour permettre de doper les exportations (prix plus faibles à l’export en devises) et limiter les importations (augmentation des prix des produits étrangers par la hausse du cours des devises).

Mais la dévaluation compétitive est l’exemple type d’une politique menant à la dégradation des termes de l’échange mesurés par le rapport : [indice de valeurs des exportations/indice de valeur des importations] x 100 = [(prix x quantités des exportations)/(prix x quantités des importations)] x 100.

Ici une dévaluation devrait, en effet, mener à une baisse des termes de l’échange puisque le prix des exportations tend à baisser pour les non-résidents alors que le prix des importations augmente pour les importations, le résultat sera inférieur à 100. Ceci signifie également que pour financer les importations il faudra exporter plus, ce qui constitue un inconvénient.

Alors vaut-il mieux voir les termes de l’échange s’améliorer ou se dégrader ?

Cela se discute, il vaudrait mieux qu’ils s’améliorent mais davantage au moyen d’une augmentation des quantités exportés que des prix des exportations. L’idéal serait que l’indice de valeurs des exportations progresse davantage que l’indice de valeurs des importations avec une forte hausse des quantités exportés et une baisse des prix témoignant d’une plus grande compétitivité de la production, mais ceci n’est pas évident.

Les évolutions du commerce international

16 Fév

I. Le développement des échanges internationaux

A. Le fin du repli des nations

Alors que le fascisme, le nazisme et le communisme pronaient l’isolationnisme commercial. Ainsi le repli des nations jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale est mis en échec. En effet depuis 1945, le commerce international a connu un essor considérable malgré plusieurs crises.

Le phénomène le plus marquant de ces dernières années consiste dans le décalage croissant entre le rythme de la croissance de la production mondiale, qui est de 6 % par an en moyenne de 1945 à 1973, et celui des échanges internationaux, qui, dans le même temps, croit de 10 % par an.

La crise des années 70 ne marque pas un repli des échanges mais une progression plus modérée de l’ordre de 4 % par an. Il faudra attendre la fin des années 80 pour que l’on commence à parler de mondialisation avec la fin du bloc communiste et le développement des Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie du  Sud-Est.

B. Un échec des théories et modes de développement protectionniste

L’accroissement du commerce mondial s’explique aussi par :

  •         la mise en échec des modes de développement basés sur le protectionnisme tiers-mondiste (développement auto-centré de Raul Prebisch et des théoriciens de l’impérialisme) ;
  •         les  retombées des avancées technologiques notamment dans les domaines des transports et des télécommunications ;
  •         les stratégies mondiales des firmes avec le nombre plus important de multinationales. 

II. Le degré d’ouverture s’accroît

Levons les barrières douanières !

Levons les barrières douanières !

L’augmentation des flux commerciaux à l’international se traduit pour la plupart des pays au niveau macroéconomique par une progression de l’effort à l’exportation (exportations/PIB) et simultanément par une augmentation de la propension moyenne à importer (importations/PIB).

Cela se traduit pour chaque pays par une pénétration croissante des produits étrangers sur le marché national, et cela même lorsque le montant des importations n’excède pas celui des exportations. On mesure ce phénomène par le taux de pénétration des produits étrangers ([importation d’un produit/consommation nationale de ce produit] x 100) et le taux de pénétration des exportations de produits nationaux sur le marché mondial ([exportations d’un produit/production nationale de ce produit] x 100)